La Route

Un film débutant par la fin

La route est un film post-apocalyptique de John Hillcoat et tiré du roman de McCarthy possédant le même nom. Ce film débute après la destruction de la majorité des matières premières sur terre et de la plupart des personnes y résidant par un phénomène totalement inconnu. Il n’est pas question de pollution, de catastrophe écologique ou autre… Quasiment tout est parti en fumé et personne ne sait pourquoi. Des êtres humains continuent tout de même à vivre dans un monde dirigé par la destruction et par le chaos. La majorité des hommes ne sont plus que l’ombre d’eux-même, le crime connait une expansion conséquente, la famine gagne du terrain, c’est ce qui va poser un autre problème, la hausse du cannibalisme. En effet, sans vivres, ni morale, une partie des hommes se trouve près à tout pour survivre, même à dévorer leur prochain. Cependant ce film conte l’histoire de deux personnages attachants, un père et un fils répondant à aucun noms particuliers. On sait juste que la relation entre les deux personnages est familiale et qu’elle s’est renforcée grâces aux diverses épreuves passées ensemble…

L’espoir fait vivre

Dans un monde dévasté où les paysages sont gris, où la nourriture se compte sur les doigts d’une main, où la confiance devient de plus en plus rare, où il n’existe plus de structures sociales réellement solides. L’espoir est la seule motivation qui donne réellement envie de vivre. Tout au long du film l’espoir est personnifié par « le petit », celui que le père va accompagner tout au long de cette aventure. Le but de la route est simple mais pourtant semé d’embûches. Un homme grâce aux conseils de sa femme décédée a pour but de se diriger vers le sud des Etats-Unis pour échapper à un enfer glacial. En marchant à travers les villes dévastées et les paysages dénaturés, l’enfant va être confronté aux pires souffrances de l’humanité. Il y a aussi bien les suicides collectifs pour échapper à la misère du monde, le cannibalisme, les chasses à l’homme organisées et tous les autres crimes comme le vol, le vandalisme etc…

Cependant, derrière ce rideaux de désespoir et de sentiments odieux, des hommes tentent de vivre honnêtement en gardant un sens morale à leur vie. C’est le cas du père et du fils et d’autres habitants de la terre dévasté. Même si on se doute bien que le père n’est pas blanc comme la neige, il tentera par dessus tout de protéger son fils de tous les dangers. D’ailleurs au début du film, pour se protéger, le père va se munir de son pistolet qui ne contient plus que 3 balles. Pour la première fois le paternel tuera un homme à l’aide de son pistolet et il échappera comme par miracle à ses poursuivants. L’enfant qui détient encore les marques de sang de ce meurtre, se trouve réellement déstabilisé. Pour lui, les notions du bien et du mal sont bien obscures.

Comment justifier le suicide alors qu’il y a encore de l’espoir ? Pourquoi s’entre-tuer alors qu’on pourrait vivre ensemble avec le peu de ressources restantes ? Pourquoi faire du mal à des personnes ou ne pas les aider alors qu’elles sont tout comme nous dans la misère ?

En effet dans ce film rien n’est manichéen, tout porte à réflexion. Les choses les plus éphémères prennent une importance capitale. Un moment les deux protagonistes découvrent un centre commercial. Par chance l’adulte principal du film découvrira une cannette de Coca Cola qu’il donnera sans hésiter à sa progéniture. Mais son enfant si généreux la partagera sans hésiter avec son père. C’est une scène adorable, l’enfant pour la première fois boira une boisson sucrée et pétillante, d’ailleurs il le remarquera très vite : « C’est marrant, ça fait des bulles ». Dans ce film c’est un moment plutôt reposant et tout simplement ordinaire. Mais le paradoxe est le suivant, ces moments ordinaires deviennent sensationnelles lorsqu’on voit des hommes victimes sans arrêts du cannibalisme, du meurtre etc… La route ne veut pas faire dans le sensationnel, bien au contraire. Les deux personnages échapperont à des évènements dangereux, mais le réalisateur ne met pas l’accent principal là-dessus contrairement à 2012  et la peur reste pourtant toujours présente. D’ailleurs, il restera deux balles dans le chargeur du père qui décidera en cas de problèmes majeurs de tuer son fils et de se suicider ensuite si jamais ils sont au bord de se faire dévorer. C’est une réalité très triste où le proverbe : « L’homme est un loup pour l’homme », repris de Hobbes (qu’il a repris de Plaute) d’ailleurs prend tout son sens…

Malgré tout, les deux personnages s’efforceront de continuer leur route. Même si pour le père les souvenirs du passés viennent le hanter, comme la disparition de sa femme, qui est partie d’ailleurs sans dire un au revoir éternel à son fils… Les divers moments de bonheur ressurgissent de temps en temps, mais on sent un homme dévoré par la vie où seul l’espoir réside dans son fils…

L’importance du passé

Le père un moment trouvera une maison abandonnée où il existe de l’eau potable. Il en profitera pour prendre une douche et pour laver son fils. Un moment fort convivial, car le père se rappellera des derniers instants positifs passés avec sa femme. les deux personnes ordinaires trouveront également un ancien piano. Le père en en rejouant racontera une partie de son passé à son fils en lui disant que sa mère aimait beaucoup pratiquer cet instrument… En continuant leur route,  par chance ils trouveront un abris sûrement préparés par une personne ayant anticipée le cataclysme, où se trouve des vivres à perte de vue. Pour la seule fois du film, le père et le fils mangeront à table avec des fourchettes un plat chaud et chaleureux. D’ailleurs le père habillé en costume se peigne les cheveux pour l’occasion et tentera de fumer pour la première fois. Ce n’est pas un fort succès, certes, mais ces évènements le rapprocheront de son humanité, de ce qu’il était avant. D’ailleurs le petit n’hésitera pas à demander à quoi ressemblait la vie avant cet évènement qui a tout fait basculer. Par pudeur il ne lui racontera pas tout, car il ne veut pas que certains de ses souvenirs lui reviennent en tête, comme le cataclysme, sa femme qui ne voulait pas mettre au monde le petit, ses disputes avec elle etc… On sait juste que le père travaillait en ville et que du jour au lendemain, il a quasiment tout perdu…

L’adulte se rend bien compte que malgré se monde dévasté, il se doit d’offrir un avenir à son fils. C’est pourquoi il dit souvent à son successeur qu’il porte le « feu » en lui et qu’il devra trouver d’autres personnes portant le feu pour lutter contre les « méchants », c’est à dire les cannibales et ceux qui vivent sans aucun code morale. Pourtant après être parti de l’abri par obligation, les actes de l’adulte principale sont loin d’être en harmonie avec ses paroles. Lorsque les deux migrants rencontreront un vielle homme sur leur route, l’adulte partagera avec peine les  rations qu’il a obtenu. Cependant l’enfant qui veille sans arrêt sur les autres n’hésitera par à partager le peu qu’il a. Cet homme semble malade, mais un échange entre diverses générations aura lieu, une chance pour le jeune garçon qui veut avec hâte faire connaissance avec ce vieil homme qui par miracle à survécu.

Malgré ses contradictions le héros si on peut l’appeler ainsi transmettra tant qu’il le peut les valeurs de l’amitié, du respect, de la fraternité et de l’amour à son fils. L’enfant est d’ailleurs un peu naïf, mais il se rend tout de même compte que son père vit avec ses propres contradictions. Dans ce film, le garçon inspire la légèreté et la confiance. Tout au long du film il ne fera du mal à personne, même s’il a souvent peur… On s’apercevra d’ailleurs sans trop de problèmes que le père de cet enfant souffre d’une maladie, ses divers toux et ses épuisements font comprendre aux spectateurs qu’il mourra avant la fin du film. En mourant, il laissera à son fils son pistolet qu’il n’a pas utilisé pour lui permettre de se protéger des divers dangers. Même si l’enfant porte toujours le « feu » en lui, il se retrouvera malgré tout confronté au problème de la confiance

La confiance rime avec le risque

Comme le dit un vieux dicton « la vie continue ». Après la mort de son père échoué sur la plage. Le porteur du feu continuera sa traversée seul, du moins temporairement car il rencontrera un adulte sur sa route. L’enfant est perturbé. Il ne sait que décidé, soit prendre la fuite pour échapper à une mort hypothétique, ou bien faire confiance à cet homme qui lui propose un meilleur vie possible… Le petit, armé de son pistolet aura à faire à un dilemme qui changera sa vie à jamais. Le vagabond lui précisera bien qu’il a le choix mais que dans tous les cas il prend un risque. Ce risque est de faire confiance à un homme dans un monde gouverné par la violence et le cannibalisme. Le film retranscrit bien les sentiments que vit le jeune garçon. Déjà que dans notre société il est loin d’être facile de faire confiance à un inconnu. On peut donc se demander comment il est possible d’accorder sa confiance à un autre homme dans un monde gouverné par le conflit.

Finalement le petit après une mûre réflexion décidera d’écouter la proposition de l’adulte. Il apprendra d’ailleurs très rapidement que cet adulte a une famille et que le chien qu’il avait entendu aboyé leur appartient. Le film se termine ainsi, le garçon retrouve une famille malgré les épreuves qu’il a traversé. Certains critiqueront cette fin qui semble aux premiers abords bien optimiste. Mais pour ma part, je la trouve honnête et respectueuse du film, car ce film malgré son contexte met l’accent sur le ressentit des personnages et non sur l’action. De plus cette fin par sa légèreté donne un grand espoir sur lequel le père mettait l’accent tout au long du film et elle permet également d’oublier temporairement les divers horreurs durant le long métrage.

La route est à mon avis est film plus qu’honnête, dans le genre post-apocalyptique il sort du lot en prenant le risque de mettre en avant une relation conflictuelle et en même temps très forte d’un père et d’un fils. Le point de vu omniscient qu’offre le film en montrant les diveress horreurs que subissent les personnages et leur passé conflictuel, permet au spectateur de se mettre facilement à la place des héros ordinaires de ce film. En outre, leur absence de noms et de prénoms renforce également cette unité que le film souhaite dégager. En prenant le risque de créer un film original, les réalisateurs de la route ont mis au point un film très intéressant, qui restera sûrement gravé dans la mémoire de ce qui l’ont regardé au moins une fois.

Publié le 25 Septembre 2010

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